Canaille le Rouge a reçu un message venant d'un de ses lecteurs concernant l'appréciation portée sur le vote du groupe communiste sur la poursuite des opérations militaires au Mali.
Outre la réponse que La Canaille lui a rapidement adressée, son contenu fait que comme il le lui indique, cet échange vif mais fraternel, participe au débat général et demande à ne pas rester confidentiel.
Le voici en ligne (seule l'identité de son correspondant a été maquillée) :
"Salut La Canaille,
Franchement là tu délires...
Faut savoir garder raison !
Ont a bien compris que ton ennemi de "classe" était le PCF mais à contrario dans ce délire tu n'amènes rien si ce n'est la rancœur et la haine que tu distilles.
Gardes de la hauteur dans ton blog et la qualité qui est la sienne !
Amicalement,"
Bonjour mon cher camarade.
Merci de ton message et de ton appréciation sur la qualité du c@rnet et de me dire franchement ton point de vue.
Ton interpellation demande une réponse qui ne peut-être lapidaire et son importance fait que celle-ci sera reprise dans une p@ge du dit c@rnet.
Il est évident que l'ennemi de classe n'est pas le PCF mais bien le Capital et ceux qui mettent en œuvre ses choix. Le fait que La Canaille ait été un des premiers à réagir à la forfaiture du sénat contre le groupe CRC (au point de l'apprendre à des adhérents du PCF avant qu'ils n'aient l'information par leurs canaux habituels) est là pour montrer l'axe de ses choix.
La question du Mali déclencheuse de ta réaction et plus largement celle de l'attitude à adopter devant les choix internationaux du pouvoir ne peut avoir qu'une boussole : un point de vue communiste dont le positionnement anti-impérialiste est le pivot. Ce n'est pas une nouveauté c'est même consubstantiel à la construction de l'Idée communiste : la question internationale…jusqu'à l'Hymne du mouvement ouvrier qui porte ce nom.
Sur cette question nous constatons en moins de deux semaines trois faits rappelés ici par antériorité de date ; modification du positionnement officiel de la France sur la question palestinienne, soutien affirmé au despote du Maroc contre les résolutions du conseil de sécurité et les droits du peuple Sahraoui, et ce vote sur le Mali.
Si sur les deux premiers le positionnement du PCF reste -assez mollement- dans les "clous" (encore qu'il y ait à dire à propos du Maroc), sur le troisième, où est le positionnement anti impérialiste ?
Nous (la France) allons continuer de faire la guerre contre des gens qui sont officiellement armés par nos "meilleures" alliés et partenaires commerciaux du moyen orient, les dictatures des Émirats et l'Arabie Saoudite.
Nous (la France) sommes aux côtés, armons et maintenant officiellement depuis quatre jours avec Israël sommes aux cotés des milices syriennes dont le commandement est officiellement assuré par Al-Qaïda que nous combattrions au Mali. Chercher l'erreur.
En fait il s'agit pour la France de garder les gisements d'Uranium de Phosphate et de pétrole du plateau sahélien et, dans le concert impérialiste de jouer, l'Otan étant au pupitre, la partie qui lui revient dans son pré carré d'ancienne puissance coloniale.
L'abstention des parlementaires communistes se conjugue avec la participation au TGV de Strasbourg pour soutenir les milices syriennes (voir articulation ci dessus).
Vu les rapports de forces politiques intérieures et après la forfaiture du Sénat, qu'est-ce qui empêchait les élus du PCF de faire une déclaration qui, si La Canaille est capable de la produire ici, n'est pas hors de portée du groupe et ses collaborateurs ? La question des alliances en achèvement de discussion pour les municipales est un des point, l'abandon d'une réflexion de classe sur la question de l'impérialisme en est un autre qui l'accompagne.
Tu vois bien qu'il ne s'agit pas de délire de haines ou de rancœur mais bien du besoin de démêler un écheveau complexe dont le positionnement anti-impérialiste est le seul moyen d'en venir à bout.
Avant d'écrire ce papier, La Canaille s'est replongé dans les textes du dernier congrès du PCF. Je t'invite à la lumière de notre échange de regarder comme moi comment est abordée, d'un point de vue de classe,cette question. Celle de la réalité de l'impérialisme au début du 21ème siècle et à quel niveau le PCF sur cette question a mis la barre.
Comme tu le vois il ne s'agit pas de ressentiment mais, sur une question qui touche à l'identité même du positionnement communiste, d'aider à y voir clair.
C'est vrai que c'est douloureux au regard de l'image historique du PCF. Mais qui est responsable de cette douleur ? Ceux qui voient l'état des lieux ou bien ceux qui ont mis les lieux dans cet état ?
Bien à toi
La Canaille qui est toujours heureux de te saluer
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