Les seules palmes dont dispose la canaille n'ont rien d'académiques. Peu enclin à suivre les méandres d'attribution de ces ornements honorifiques, cette question ne l'avait pas frappé au premier abord. Mais à voir et entendre comment des militants de l'École Publique Laïque et Obligatoire de la République ne trouvent que cet acte significatif pour montrer à quel point ils sont ulcérés mérite qu'on fasse plus que s'y arrêter. (ils montrent aussi un des champs publics à occuper de l'action revendicatives pour les enseignants).
Quand les liens entre l'état et un des piliers de la république se distendent au point de produire de telles ruptures, c'est la démonstration que la crise structurelle ne peu plus être guérie par un replâtrage mais que du neuf est indispensable et cela de façon urgente.
Le texte de leur lettre est sans ambiguïté. Certes en soit il ne mettront pas à terre le système mais la force du geste ébranle au point que le p'tit Cadre pistonné de chez l'Oréal qui leur sert de ministre a cru bon de réagir une fois encore par le mépris et les critère de wallstreet plutôt que sur les principes républicains.
Quand kessler du Medef demandait d'éradiquer le souvenir de 1945, il pensait aussi au plan Langevin Wallon de reconstruction de l'école républicaine (issue aussi du programme du CNR, aussi ambitieux en matière éducative et pédagogique que les retraites et la sécu l'est pour les salariés) . Ce Chatel, héraut du château qui décore les collabos et les évadés fiscaux, s'y emploit ; les signataires à leur façon s'y opposent et retissent publiquement du lien avec les fondations du système éducatif.
Quel syndicat d'enseignant, quelle association de parent d'élève va prendre l'initiative de réediter les textes des travaux du plan Langevin Wallon ? Passer ainsi de l'indignation nécéssaire à l'apport théorique (bien sûr à actualiser) pour l'action indispensable ?
En attendant, voici le texte de la lettre adressée au sinistreur de l'éducation nationale
Monsieur le Ministre,
Mais nous constatons aujourd’hui, avec une infinie tristesse, que l’Éducation nationale souffre de plus en plus d’une politique où la
logique comptable et la notion de rendement ont pris le pas sur toute réflexion pédagogique et sociale : depuis quelques années, l’école que nous avons aimée et construite est progressivement
désorganisée, dégradée, et disparaît. Nous n’y retrouvons plus les idéaux et les valeurs que nous y avons portés.
La liste des mesures qui vont contre l’école, les enfants, les étudiants et les enseignants est déjà bien longue : suppression, cette année encore, de 16 000 postes qui s’ajoutent aux 50 000 de
ces trois dernières années ; suppression de la formation des enseignants (IUFM); suppression de la carte scolaire ; remise en cause de la scolarisation des moins de trois ans ; prime aux
recteurs, etc.
Accepter les Palmes académiques, c’est aussi cautionner une orientation politique : nous récusons énergiquement celle que vous mettez en place. Et aujourd’hui, notre désaccord avec la nouvelle
institution devient si grand que, pour ne pas être identifiés à elle, pour ne pas nous renier, notre conscience nous conduit à accomplir le geste symbolique de vous rendre nos Palmes
académiques.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, nos salutations attristées.
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