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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Ils sont atterrés. Nous aussi. Mais n'en rester que là? [un coup de coeur de la Canaille♫ ♫]

Publié le 17 Janvier 2012 par canaille le rouge in Pour réfléchir ensemble

 

 http://media.paperblog.fr/i/507/5074632/crise-point-vue-economistes-atterres-L-uMqbOY.jpeg

 

Lundi après midi, sur "là bas si j'y suis", D Mermet a donné la parole aux collectifs des économistes atterrés.


D'où vient que ce sentiment de jubilation dans la clarté de la dénonciation s'estompe dès que la question de l'issue est mise sur la table ?


D'abord, confirmons, ne pas bouder son plaisir d'entende dire que cette crise n'est pas divine mais la conséquence de choix. Des choix réfléchis de la part de ceux qui les opèrent et dont les conséquences prévisibles avant d'être connues vont être objet d'une intense bataille idéologique pour les faire passer comme seule solution.


Que nos économistes atterrés (nous les appellerons ici EAT, ce qui n'est pas si mal pour des gens qui postulent que chacun doit manger à sa faim) usent des termes d'escroquerie et mensonge pour qualifier la nature des évènements est suffisamment hors normes pour ne pas le saluer.


Donc une bonne analyse de la stratégie de ceux qui se sont emparés des leviers de commande de la planète, des risques mortifère que leurs orientations transforment en réalités criminelles. Nous sommes d'accord.


 K Marx-Lettre à Rüge

Car si personne n’a de doute sur le "d’où venons-nous ?", il règne en revanche une confusion d’autant plus grande sur le "où allons-nous ?". Non seulement une anarchie générale fait rage parmi nos réformateurs sociaux, mais chacun de nous devra bientôt s’avouer à lui-même qu’il n’a aucune idée exacte de ce que demain devra être. Au demeurant c’est là précisément le mérite de la nouvelle orientation : à savoir que nous n’anticipons pas sur le monde de demain par la pensée dogmatique, mais qu’au contraire nous ne voulons trouver le monde nouveau qu’au terme de la critique de l’ancien. Jusqu’ici, les philosophes gardaient dans leur tiroir la solution de toutes les énigmes, et ce brave imbécile de monde exotérique 8 n’avait qu’à ouvrir tout grand le bec pour que les alouettes de la Science absolue y tombent toutes rôties. La philosophie s’est sécularisée et la preuve la plus frappante en est que la conscience philosophique elle-même est impliquée maintenant dans les déchirements de la lutte non pas seulement de l’extérieur, mais aussi en son intérieur. Si construire l’avenir et dresser des plans définitifs pour l’éternité n’est pas notre affaire, ce que nous avons à réaliser dans le présent n’en est que plus évident ; je veux dire la critique radicale de tout l’ordre existant, radicale en ce sens qu’elle n’a pas peur de ses propres résultats, pas plus que des conflits avec les puissances établies.

 

Ce qui les atterre c'est de voir leur discipline utilisée dans une direction qui produit une pensée unique  laquelle au nom de l'expertise auto attribuée par ses dépositaires salit la discipline au même rythme que leurs choix corrompent l'humanité.


Le problème, c'est comment passer à la lamentation de l'atterré à la station debout du combat.


Comme nos "EAT" ne  sont ni un parti, ils s'en défient ; ni une académie, heureusement pour eux, ils ont choisi de mettre à disposition leurs solutions pour "en sortir".


Et c'est là que le bât blesse.


Faisons une petite excursion du côté de chez Karl (toujours une de ses lettres à Rüge):

"A partir de ce conflit de l’État politique avec lui-même se développe donc partout la vérité des rapports sociaux. De même que la religion est l’abrégé des combats théoriques de l’humanité, l’État politique est l’abrégé de ses combats pratiques. L’État politique est donc l’expression, sous sa forme propre - sub specie rei publicœ [sous forme politique] - de toutes les luttes, nécessités et vérités sociales. Ce n’est donc nullement s’abaisser et porter atteinte à la hauteur des principes que de faire des questions spécifiquement politiques -par exemple la différence entre le système des trois ordres et le système représentatif- l’objet de la critique. Car cette question ne fait qu’exprimer en termes de politique la différence entre le règne de l’Homme et le règne de la propriété privée. Donc non seulement la critique peut, mais elle doit entrer dans ces questions politiques (qui dans l’idée des socialistes vulgaires sont bien au-dessous d’elle). En démontrant la supériorité du système représentatif sur le système des ordres, elle intéresse pratiquement un grand parti dans la Nation. En élevant le système représentatif de sa forme politique jusqu’à sa forme généralisée et en dégageant la signification véritable qu’il renferme, elle oblige du même coup ce parti à aller au-delà de lui-même, car triompher reviendrait pour lui à se supprimer."

 

Cela porte à regarder la méthode et le contenu de ce que nous proposent nos amis (malgré les critiques, face à la tarentule du capital, d'abord, ils le sont).

 

Sur la méthode : L'issue durable et fiable est-elle possible par l'adoption de solutions élaborées en dehors des tensions d'un affrontement social certes sollicité mais pas proposé comme outil de l'émancipation ?

 

S'agit-il de mettre à disposition (comme dans des gondoles de supermarchés hard discount) des denrées périssables que sont les solutions du moment face à des situations que le capital sait faire évoluer dans le sens de ses intérêts ? Ou n'est-il pas plus urgent de proposer de s'approprier les termes du débat pour construire en termes de rapport de force le moyen d'imposer des solutions en ruptures

 

Pourquoi cette prévention ? A cause des remèdes proposés par nos EAT. 

 

Le point nodal de leurs propositions est de faire racheter la dette par la BCE à des taux inférieurs que ceux proposés par les marchés financiers.

 

Sur le papier, ça peut marcher mais dans la vrai vie (comme le dit le truisme) ?

 

D'abord racheter de la dette c'est reconnaitre son existence en tant que dette par ceux qui la rachète alors que la plus forte part de la  démonstration des EAT est de démontrer (et il le fond avec beaucoup de pertinence et d'une façon claire) que la dette est le résultat d'une escroquerie qui fait du volé le débiteur et du voleur le créancier.  Cette volte face est un peu forte.

 

Ensuite se servir de l'outil qui a servi à légitimer le vol (la BCE) pour réparer revient à vouloir supprimer un abcès avec un bistouri corrompu conservé dans des compresses non stérile. C'est la gangrène à coup sûr dans une plaie ouverte.

La BCE est l'outil du branchement des finances publiques sur les coffres des marchés financiers. Ce sont les hommes de main de ces mêmes marchés financiers qui sont à la  tête des gouvernements qui mettent en œuvre les décisions de la BCE, du FMI.

 

Ces états qui puisent dans les finances de leurs états pour d'une part abonder la BCE d'autre part pour rembourser les prêts que les banques nourries par les fond de la BCE les  ont obligé à souscrire.

 

Si cette dette est celle des marchés financiers, les peuples n'ont pas à la payer. A-t-on déjà vu un boulanger sérieux payer le pain à la place de celui qui le mange?

 

La canaille rêve de voir le trésor public lui annoncer qu'il va honorer la facture de ses impôts à sa place.

Toute l'architecture financière publique et privée est rivetée sur ce socle. Sans dérivetage et déconstruction qui ne peut être que révolutionnaire, ce ne sera que de la réhabilitation qui comme pour les HLM coûte toujours plus chers que de faire du neuf et qui l'a n'a même pas l'alibi de servir aux catégories populaires.

 

C'est le rôle des outils financiers de l'UE, BCE en tête de nous vanter cette réhabilitation pour tout faire sauf du neuf.

 

Change-t-on la BCE (dit autrement renfloue-t-on le navire drossé à la côte) ou la découpe-t-on sur place en prenant les tôles afin de les fondre.

 

S'il faut  user d'outil de régulation, n'y a-t-il que ces outils corrompus pour se sortir d'une situation de corruption? C'est là que les solutions de nos par ailleurs sympathiques économistes atterrés nous laissent sur notre faim et demandent un décollage immédiat.

Certes,  disant eux même que ce qui les rassemble est d'abord la dénonciation d'un totalitarisme économique, que ce qui les écarte de celui-ci rapproche des solutions, idée ici partagée, proposons modestement une piste.

 

 Elle n'est pas de La Canaille mais d'un de ceux qui en permanence lui pique fesses et échine pour l'obliger à faire fonctionner son cerveau, Karl Marx :

:"C’est pourquoi je ne suis pas d’avis que nous arborions un emblème dogmatique. Au contraire, nous devons nous efforcer d’aider les dogmatiques à voir clair dans leurs propres thèses. C’est ainsi en particulier que le communisme est une abstraction dogmatique, et je n’entends pas par là je ne sais quel communisme imaginaire ou simplement possible, mais le communisme réellement existant, tel que Cabet, Dézamy, Weitling 9, etc. l’enseignent. Ce communisme-là n’est lui-même qu’une manifestation originale du principe de l’humanisme. Il s’ensuit que suppression de la propriété privée et communisme ne sont nullement synonymes et que, si le communisme a vu s’opposer à lui d’autres doctrines socialistes, comme celles de Fourier, Proudhon, etc., ce n’est pas par hasard, mais nécessairement, parce que lui-même n’est qu’une actualisation particulière et partielle du principe socialiste." -K Marx lettre à Rüge (1843).

 

Ne faudrait-il pas mieux en agglomérant leurs pistes, en mettant en débats les avancées possibles et les impasses systémiques qu'ils participent à mettre en évidence, plutôt s'appuyer et leur proposer d'aider cette solutions qui porte un autre ordre social que ce qui cherche par tout les moyens à perdurer ?

 

En écoutant l'émission de Mermet, domine l'impression qu'ils ont réglé la première partie (et de belle façon) et que la seconde les tétanise. N'est-ce pas parce que comme Pasteur qui pour entrer dans son labo laissait sa philosophie accrochée au porte manteau, ils buttent sur l'obstacle structurel majeur de la nature de l'état et des conditions de l'émancipation par sa subversion ? Vont –il devoir, pour aller au bout de ce qu'ils ont dégangué de la boue idéologique ambiante, pour remettre sur le métier les pièces de leur ouvrage, réussir à reposer la question de la place des forces productive pour construire l'issue que leur travaux se veulent aider à construire ?

 

N'est-il pas temps de lubrifier de nouveau le mouvement du monde au jus de communisme ? Un jus produit dans des raffineries qui gardent l'objectif et usent de technologies qui éliminent les échauffements, frottements, et spasmes des pratiques du 19ème siècle.

"Nous ne nous présentons pas au monde en doctrinaires avec de nouveaux principes : voilà la vérité, mettez-vous à genoux !  Nous développons pour le monde des principes nouveaux que tirons des principes du monde.  Nous ne lui disons pas : renonce à tes luttes, ce sont des bêtises, et nous te ferons entendre la vraie devise du combat.  Nous ne faisons que montrer au monde pourquoi il lutte en réalité, et la conscience est une chose qu’il doit acquérir, quand même il s’y refuserait. »  (Toujours Marx à Rüge)

 

Même muni que de mon BEPC plus 44 je continue à y puiser repères et points d'appuis. Ce n'est ni une bible ni un code mais simplement une boussole pour voir comment fixer le bon cap et savoir suivre une route, quitte à tirer des bords pour atteindre le port. En se rappelant que si le capital peut abandonner un de ses paquebots de luxe quand il est trop risqué de le récupérer, la lutte des classes doit sauver passagers et équipages y compris en sacrifiant les armateurs. Et comme avec la BCE, en Grèce et ailleurs ils sont exonérés d'impôt, cela aidera en renflouer la société.

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRLFP9xFlZ7TVCfuqprkEYj_I7JDZ4NQvtn7LkSEQArw3F9wrx7

 



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