Même jour dans la boite aux lettres de la canaille, deux courriers sur cette question pivot dans la vie française : la laïcité.
Un sujet plein de leurres pour brouiller les radars devant ceux qui la clâment et qui en sous main la bradent.
L'amicale de Franc macs de la nouvelle majorité sénatoriale pourra-t-elle expliquer les raisons des circonvolutions de ses positions.
La laïcité serait-elle ajustable à la plasticité des enjeux électoraux ? On n'ose l'imaginer.
La Canaille, pour des raisons d'ordre privée a de très très grande préventions devant le fait religieux. Il n'empêche qu'il sera là pour permettre à chacun de pouvoir vivre sa façon de penser dès lors qu'elle ne limite pas le droit et la façon de penser de son voisin.
Mais là où le bât blesse, c'est quand l'interdiction apparente de poluer mes plates bandes organise celle d'empoisoner la totalité du jardin.
Le groupe CRC (communiste républicain et citoyens) s'est abstenu, les verts ont voté contre et les autres...Pour.
Quand la droite vote avec toi demande toi ce que tu as fait qui te conduise si bas.
On peut se demander jusqu'où vont ils aller dénicher ce besoin récurrent de laïcité. Je ne peux m'empêcher de me demander si leur obsession serait la même s'il ne s'agissait non
point de femmes musulmanes mais de catholiques intégristes. Elles ne mettent rien sur la tête celles là mais dedans bonjour les dégats.
Je suis de plus en plus pour que l'on se rappelle que les grands principes de la laicité à la française passe par la liberté de croire ou de ne pas croire mais aussi de pratiquer la
religion de son choix Merci à Jean Jaures, Francis de Préssensé et quelques autres de nous l'avoir si bien dit.
Communiqué LDH - Paris, le 24 janvier 2012
Assistantes maternelles : une « neutralité » d'exclusion
La Ligue des droits de l’Homme ne peut se satisfaire de l'adoption, le 17 janvier par le Sénat, de la proposition de loi visant, selon ses termes officiels, à étendre l’obligation de neutralité des professionnels de la petite enfance aux structures privées de la petite enfance et aux assistants maternels à domicile. Si elle ne souhaite pas respecter cette neutralité, la personne concernée devra le stipuler dans son contrat de travail.
Outre le fait qu’on risque de voir resurgir des débats sans fin sur ce qui pourra être considéré comme une manifestation contraire à la neutralité, les termes et les conséquences de cette proposition de loi dont l’application sera inévitablement compliquée sont à bien des égards inadmissibles. D’une part, elle contrevient à la liberté de conscience et d’opinion inscrite dans la loi de 1905, ainsi qu’à la liberté d’expression garantie par cette même loi, par la Déclaration universelle des droits de l’Homme (DUDH) et par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. D’autre part, elle inaugure un nouveau type de contrat de travail, celui où le salarié devra déclarer ses convictions religieuses, alors même que le Code du travail interdit toute discrimination directe ou indirecte basée notamment sur la religion.
En réalité − et personne n’est dupe − cette loi s’inscrit dans la brèche ouverte par les diverses lois votées depuis 2004 en matière de laïcité. Hier de jeunes élèves, puis des mères désireuses d’accompagner leurs enfants en sortie scolaire, puis des futures mariées se sont vues exclues de l’espace public ou social parce qu’elles portaient un signe religieux. Aujourd’hui, c’est le tour des « nounous ». Demain ?
A travers cette proposition de loi, on assiste à une nouvelle tentative de dénaturer la laïcité en un moyen d’exclusion qui, dans les faits, vise tout particulièrement les femmes de confession musulmane, dans ce qui représente parfois pour elles la seule possibilité d’activité rémunérée donc d’autonomie. Ce n’est pas cette conception de la laïcité que défend la LDH, attachée à une démocratie qui crée les meilleures conditions du vivre ensemble dans le strict respect de la liberté de conscience.
La seconde lettre qui va dans le même sens lève un lièvre qui ne va pas en finir de sillonner la campagne.
Et tant pis pour ceux qui l'ont levé si cette campagne est électorale.
L'électoralisme ça ose tout c'est à ça qu'on le reconnait.
Une proposition de loi, déposée au Sénat par Mme Françoise LABORDE (RDSE), visait à étendre le respect du principe de laïcité aux crèches privées, suite à l’affaire récente de l’association « Baby-Loup ». On rappelle néanmoins que la Cour d’Appel de Versailles avait confirmé la validité du règlement intérieur de cette crèche privée subventionnée, imposant à ses salariés la neutralité religieuse : toutes les dispositions initiales proposées n’étaient sans doute pas exemptes de défauts.
Mais le pire est venu des amendements présentés par Alain Richard (PS), et adoptés par la majorité sénatoriale. Véritablement détournée, la proposition a été votée par le Sénat le 17 janvier 2012, et transmise à l’Assemblée Nationale.
L’article 2 introduit subrepticement deux dispositions contraires au principe de séparation posé par la loi de 1905 :
« Les deux alinéas précédents [obligation de neutralité du personnel] ne sont pas applicables aux personnes morales de droit privé se prévalant d’un caractère propre porté à la connaissance du public intéressé. Toutefois, lorsqu’elles bénéficient d’une aide financière publique, ces personnes morales accueillent tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyances. Leurs activités assurent le respect de la liberté de conscience des mineurs. »
Ainsi serait explicitement introduite la possibilité pour les collectivités publiques de subventionner les crèches confessionnelles (comme le fait la Mairie de Paris avec les crèches intégristes Loubavitch). La condition vertueusement posée d’« accueillir tous les mineurs, sans distinction d’origine, d’opinion ou de croyance » et de « respecter la liberté de conscience des mineurs » ne saurait masquer cette nouvelle atteinte au principe de séparation.
De surcroît, serait étendue aux crèches confessionnelles la notion de « caractère propre », qui ne s’appliquait jusqu’ici qu’au seul enseignement scolaire. Or ce principe a été inventé de toutes pièces par le Conseil Constitutionnel en 1977 pour justifier le subventionnement public de l’enseignement privé confessionnel sous contrat (loi Guermeur) : c’est de ce fâcheux précédent que se réclame explicitement Alain Richard. Les défenseurs de la laïcité de l’école publique apprécieront ce soutien inattendu aux lois scolaires anti-laïques.
Les débats montrent, hélas, que sur ces deux points, aucune contestation de fond ne s’est exprimée.
Cette remise en cause, venant de la gauche, est préoccupante : « se faisant un paravent du manteau de la laïcité », elle fait suite à celles du Conseil d’État (arrêts du 19 juillet 2011) étendant les possibilités de subventions publiques d’investissement aux cultes. Que vaut, dès lors, l’engagement du candidat socialiste à la Présidence de la République de « constitutionnaliser la loi de 1905 » ?
L’UFAL réaffirme que la laïcité ne peut se concevoir sans l’application intégrale du principe de séparation proclamé par l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. »
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