La CGT-cheminots a critiqué jeudi l'impact qu'auront sur le trafic de marchandises les nouveaux horaires de train, en lien notamment avec des travaux, qui doivent être mis en place au niveau national à partir du 11 décembre, dénonçant un risque de report sur la route.
"Le nouveau plan de transports (horaires de tous les trains pour un an) qui va être appliqué à partir de décembre va fortement impacter le trafic de marchandises et les trains de nuit", a déclaré Gilbert Garrel, le secrétaire général de la CGT-cheminots lors d'un point-presse.
"Le risque c'est de voir les chargeurs (entreprises) mécontents se tourner encore davantage sur la route", a-t-il ajouté.
A partir du 11 décembre, de nouvelles grilles horaires, intégrant notamment des travaux de rénovation du réseau, seront mises en place pour les 15.000 trains quotidiens.
Le transport de marchandises par le rail s'effectue surtout la nuit et sera particulièrement touché par la multitude de chantiers qui vont être lancés.
Or, le fret ferroviaire est déjà en perte de vitesse par rapport aux autres modes de transport, en dépit des engagements du Grenelle de l'Environnement
La CGT a renouvelé ses critiques contre l'ouverture à la concurrence pour le fret ferroviaire, effective depuis 2006.
"Globalement le ferroviaire continue à perdre des parts de marché sur la route et à transporter en volume toujours moins", a indiqué Gilbert Garrel.
Pour lui, "cela montre que la concurrence ne favorise pas forcément le développement de l'activité, contrairement au dogme de la Commission européenne".
"Il n'y a pas de réelle volonté politique de développer le fret ferroviaire", a-t-il lancé, en soulignant que celle-ci était essentielle car "le transport par le rail coûte souvent plus cher que par la route, mais il a aussi des avantages: moins de pollution et désengorgement des routes".
Le responsable de la CGT-cheminots a aussi affirmé que "le développement du ferroviaire ne pourra passer que par le désendettement de Réseau ferré de France" (RFF), le propriétaire du réseau.
A sa création en 1997, RFF a récupéré la dette de la SNCF et affiche aujourd'hui près de 30 milliards de dette, qui plombent ses capacités d'investissements.
La CGT a indiqué avoir lancé en régions les Etats Généraux du service public ferroviaire pour que le débat sur le rail "se fasse aussi avec les usagers, les politiques et les ONG".
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