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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

PIP show (suite). Constater navré ou changer tout ? [♫ ♫]

Publié le 6 Janvier 2012 par canaille le rouge in Du côté du capital

http://www.ouest-france.fr/photos/2012/01/06/120105231742896_43_000_apx_470_.jpg

 

 

Sans état d'âme, le patron de l'industrie du silicone vrillé se met à table devant la presse. Et ce n'est pas triste.


En lien [ici] l'interview au Monde duquel Canaille le Rouge extrait quelques perles qui devrait conduire au delà d'une simple enquête de police et poser d'autres questions :

Jean-Claude Mas, fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, a admis devant les enquêteurs, sans aucun regret apparent, avoir produit un gel de silicone non homologué, issu d'une formule de sa production et dissimulé à l'organisme certificateur. 

Cela aurait-il été possible si la sécu et la direction de la santé avaient eu mandat et moyen de contrôle une certification privé non garantie suffit à fabriquer du gel médical corrompu

"Je savais que ce gel n'était pas homologué, mais je l'ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher […] a expliqué M. Mas en octobre aux gendarmes, selon un procès verbal d'audition consulté jeudi par l'AFP.  "dès 1993", deux ans seulement après la création de sa société, il "donne l'ordre de dissimuler la vérité" à l'organisme certificateur allemand TÜV, 

Pour ceux-là, la fraude commence "dès 2001", ...le gel principalement utilisé était de fabrication "maison" et non pas le gel américain Nusil déclaré à TÜV. M. Mas a précisé aux gendarmes que 75 % des implants étaient remplis de gel PIP, 25 % seulement avec du Nusil.

"AUGMENTER LA RENTABILITÉ DE L'ENTREPRISE"

"L'unique motivation" de la fraude étant d'"augmenter sensiblement la rentabilité de l'entreprise",ainsi en 2009, le prix du gel PIP était de 5 euros par litre, contre 35 euros pour le Nusil, soit une différence de 10 euros par implant et un gain d'un million d'euros par an pour une production de 100 000 prothèses. 

"Le prix d'achat du Nusil était largement supérieur à celui du gel Brenntag [un des fournisseurs de composants du gel PIP]. Les commandes chez Nusil étaient souvent de 100 000 euros alors que celles de Brenntag étaient comprises entre 10 000 et 30 000 euros."

Comment les contrôles ont-ils été déjoués, et pendant si longtemps, s'étonnent les enquêteurs. "TÜV annonce sa visite dix jours avant… C'était de la routine, je donne l'ordre de dissimuler tous les documents ayant trait au gel PIP non homologué, et concernant les containers, les employés se débrouillaient pour les fairedisparaître", explique Jean-Claude Mas. PIP avise TÜV des modifications de packaging par exemple. Mais pas de celles concernant le gel, "vu qu'il n'existe pas…" ..."tant que ces organismes inspecteront avec préavis systématique, toute déviance industrielle pourra être cachée".

Que contenait ce fameux gel PIP ? "Une base de formulation du Dr Arion [chirurgien que M. Mas rencontre dans les années 80], que j'ai améliorée en changeant les températures, les pourcentages [de produits introduits], afin derendre le produit plus cohésif", raconte M. Mas.  "Bon nombre de personnes dans l'entreprise, connaissant la fraude, sont convaincues que la qualité du gel PIP en est la cause et même M. Mas, "

Pas une découverte mais ça vaut le coup de le rappeler, pour le capital tout s'achète :

 "avisé par les courriers des chirurgiens et par notre département commercial""Mon rôle a été de payer les indemnisations aux patientes. De mémoire sur une période d'un an [2009-2010], j'ai payé entre 60 000 et 70 000 euros", pour environ 100 à 150 patientes. Les cadres commencent alors à prendre leurs distances, mais "M. Mas décidait de tout", .

D'autant que pour le fondateur de PIP, ses prothèses ne présentaient "aucun risque pour la santé", a redit celui-ci aux enquêteurs, voyant dans les plaignantes "des personnes fragiles ou qui font ça pour le fric". Lui "vivait bien à l'époque", avec une rémunération fixée à 30 000 euros par mois. (souligné par C.le R.)

 

 

Quittons ce technico-spéculatif révélateur de l'abjection du système pour aller sur le fond : la démonstration limpide qu'il est possible de faire primer les critères du marché, sur la sécurité, que c'est même la règle  se trouve ici résumé.


Est-ce un cas isolé ou bien un basculement d'iceberg qui met en évidence ce qui n'aurait pas du être vu ? D'autant que des débats similaires existent pour d'autres enquêtes liant technologie et sécurité. Sans même parler du débat autour de l'énergie, les sondes incriminées dans des catastrophes aériennes posent aussi ces questions.


Cela a un nom que tous les syndicalistes connaisent pour y être confrontés dans les procèss industriels : le risque calculé. Economie sur la matière, espacement des pas de viste ou de révision, substitution de composant pour raison d'économie, sous traitance et filialisation voire suppresion de boucle de controle.


Ici, la variable d'ajustement est la vie de milliers de femmes.


La Canaille peut témoigner de l'universalité du comportement : une agence de certification mondialement connu a signé et confirmé des attestations d'absence d'amiante pour un bâtiment d'habitation de plus de 200 logements qui sur injonctions fermes et argumentés de ses habitants a conduit le bailleur public a devoir d'urgence engager de lourds et multiples travaux de désamiantage. 


La collection sur une année des exemples rapportés par le Canard Enchainé suffirait à éditer un annuaire de la tromperie organisée (pour ne parler que de cette partie révélée). 


Notons que les questions deviennent publiques qu'après accident ou catastrophe en chaine et toutes démontrent à chaque fois que des espaces de fonctionnement sous contrôle public sont passés sous la coupe de la régulation marchande et que le profit pilote l'ensemble.


La Canaille n'a pas encore lu d'article posant clairement cette question.


Pour toutes ces industries dont l'activité engage des processus vitaux, les lois du marché sont-elles efficientes ? Pour La canaille c'est NON et la maitrise publique s'impose. 


La Santé, le médicament et ses annexes, comme l'école, les services publics en réseaux ou…la défense nationale (voire d'autres à débattre) peuvent-ils rester sans risque dans la sphère marchande surtout si on mesure que ce sont des organismes de même statut qui assurent la certification : c'est la logique des agences de notation au plan industriel.


Autre façon de poser la question de la souveraineté populaire dans les choix à venir de la démocratie face à la logique du marché. Un débat esquivé ou volontairement mal posé. Cela ferait pourtant un beau sujet de débat pour un projet de société à l'occasion d'élections nationales. Il y aurait de l'espace pour construire collectivement et porter un beau projet communiste. Vous ne trouvez pas ? 



http://www.lescommunistes.org/local/cache-vignettes/L500xH375/2311-53598.jpg


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