A relever avant qu'ils ne quittent le Titanic
Finalement, en période électorale, historiquement pour la droite la partie la plus interressante, comme dans les crustacés, c'est celle que bichonne le cuisinier : le coffre.
Si financement de campagne ou pas, ce n'est pas hortefeux qui dira le contraire, un choux c'est un choux.
Pas de bonne potée sans viandes fumées et pour les élections, le petit Saleh. Il semble que rue 89 ait été surprendre les secrets du tour de main de la cuisine :
Comme critiques gastronomiques uin flotrilège des inrock de Médoiapar ou de rue 89, un zest de libé peu de Monde un dossier sans humanité.
Bachir Saleh Bachir, alias Bashir Al-Shrkawi, objet d’un avis de recherche d’Interpol à la demande du gouvernement libyen, sera arrêté « s’il est recherché par Interpol », a déclaréle 1er mai Nicolas Sarkozy.
Franco-libanaise, son épouse Kafa a été condamnée la semaine dernière à deux ans de prison avec sursis et 70 000 euros d’amende pour esclavage domestique. Pendant plusieurs années, dans sa maison de Prévessin, elle a fait travailler quatre Tanzaniens à qui les passeports avaient été confisqués. Ils vivaient tous dans un des garages de la villa.
Jardin de la villa de Bachir Saleh (Augustin Scalbert/Rue89)
Les quatre « domestiques » étaient arrivés de Libye, accompagnant la famille Saleh, grâce à des visas délivrés par le consulat général de France à Tripoli. Selon nos informations, l’enquête sur l’affaire d’esclavage a suscité de nombreuses pressions de l’Elysée, sur la police aux frontières (PAF), chargée des investigations, comme sur le parquet.
Quand leur mère était entendue par la PAF de Bellegarde, deux des fils du couple tournaient en rond autour du pâté de maisons. L’un conduisant une Rolls Royce, l’autre une Bentley. La famille possède aussi une Venturi et deux 4X4, un Mercedes et un BMW. Ou les a possédées.
Un appartement inoccupé à Genève
Car Kafa Kachour Bachir est le genre de femme à changer de voiture quand elle croise plus de cinq fois la même que la sienne, selon ce qu’elle a dit à des amis. Son dressing aligne les créations Dior, Dolce & Gabbana, Chanel. L’intérieur de la villa est meublé avec un luxe à peine ostentatoire, puisque tout n’est pas doré.
De temps à autres, Madame envoie ses gens chez Goodtaste, un restaurant-traiteur libanais installé le long de la frontière, acheter mezzés et baklavas. Le 1er mai, des limousines venues de Genève accompagnaient des clients, deux Koweïtiennes et leur chauffeur pakistanais, puis un homme d’affaires saoudien. Dépités : le restaurant était fermé. « C’est le meilleur traiteur de la région », m’a dit une des Koweïtiennes.
Situé côté français de la frontière, Goodtaste, le traiteur libanais le plus prisé de la région genevoise (Augustin Scalbert/Rue89)
Sinon, chaque matin, ont raconté les « domestiques » lors du procès, il fallait acheter « quatre poulets et un mouton ». Et refaire les repas des enfants s’ils n’étaient pas contents. Me Marcel Ceccaldi, avocat de Mme Kachour, a vigoureusement contesté ces affirmations, et annoncé que sa cliente ferait appel.
Hussein, un des enfants du couple, est propriétaire depuis 2005 d’un appartement dans le centre de Genève, qu’il n’occupe pas. Il vit chez sa mère, avec son épouse et ses enfants.
Bachir Saleh Bachir n’a, aux dires de ses proches, jamais apporté en France les valises pleines de billets qu’on voyait parfois chez lui, à Tripoli. Quand il rentrait en Libye, c’était pratique : dix petites minutes de voiture séparent sa villa de l’aéroport international de Genève.
Ses poursuivants d’accord pour sa fuite, selon Sarkozy
Maintenant qu’il est fiché par Interpol, il lui sera difficile de repasser par cet aéroport. Saleh serait en France avec l’autorisation des autorités libyennes... qui pourtant le recherchent.
Saleh est protégé par la France, et Sarkozy l’a affirmé :
« L’arrivée de M. Saleh en France a été faite avec le plein accord du président [du Conseil national de transition libyen Mustapha] Abdeljalil. »
Plusieurs sources affirment que ce « plein accord » a été obtenu grâce à des pressions amicales de la France. Prisonnier d’une tribu libyenne, l’homme des petits et grands secrets de Kadhafi a été libéré en février, avant d’être accueilli dans l’hexagone, où lui et sa famille sont sous protection policière française.
Mercredi, il se trouvait à Paris, où un reporter de Paris Match lui a parlé, dans la rue. La veille, il avait rencontré Dominique de Villepin au Ritz.
Cuisine encore :
Contre les "témoins" présentés par Nicolas Sarkozy mettant en cause l’enquête de ses journalistes, le site Mediapart a frappé fort : le témoignage de l’ancien chef du gouvernement libyen qui confirme le montant de 50 millions d’euros débloqués en 2007 par le régime Kadhafi, à destination de la campagne de Sakozy.
L'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi, emprisonné en Tunisie, a affirmé par le biais de son avocat, que le régime de Mouammar Kadhafi avait financé la campagne 2007 du candidat et l'affirme bien : "Mouammar Kadhafi, son régime et les responsables qui travaillaient avec lui ont financé la campagne électorale de Sarkozy en 2007".
L’ingratitude de Sarkozy
Selon son avocat, l'ex-Premier ministre libyen a affirmé que "le marché a été conclu par Moussa Koussa (ex-chef des
services de renseignements extérieurs) sur instruction de Kadhafi et assuré que des documents attestant de la transaction existent". L'ex-Premier ministre libyen a d'ailleurs regretté
"l'ingratitude de Sarkozy qui, en cadeau de retour, a été le premier à envoyer les troupes de l'OTAN en Libye".
Un deuxième avocat d’al-Baghdadi al-Mahmoudi, qui est sous le coup de deux demandes d'extradition de Tripoli, a
confirmé à l'AFP la version de Me Essid, ajoutant que son client croit que "le président français est derrière sa détention prolongée" en Tunisie : "Ma détention en Tunisie est à
l'instigation du président français afin que les détails sur le financement de sa campagne 2007 ne soient pas révélés".
Le Conseil national de transition, (CNT) au pouvoir en Libye avait affirmé mercredi que la note publiée par Mediapart est "fausse". Rappelons quand même que le CNT a été porté au pouvoir par le gouvernement Sarkozy, le premier à l’avoir reconnu comme la seul opposition légitime à Kadhafi.
Pour que le plat ait un peu de tenue dans l'assiette, un de ceux qui fut chef de cuisine dans les murs avant l'arrivée un tantinet brutale des nouveaux propriétaire :
« Je confirme qu’il existe bien un document signé par Moussa Koussa et qu’un financement a bien été reçu par M. Sarkozy. » L’homme qui parle est celui qui a validé en 2006 le principe d’un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye. Baghdadi Ali al-Mahmoudi était le secrétaire général du Comité populaire général, soit le chef du gouvernement libyen, dont les« instructions » sont mentionnées en toutes lettres dans la note du 10 décembre 2006 révélée par Mediapart (lire sous l'onglet Prolonger).
Aujourd’hui détenu en Tunisie, M. Baghdadi a confirmé, mercredi 2 mai au soir, à Mediapart, par l’intermédiaire de l’un de ses avocats, Me Béchir Essid, tant l’existence de la note signée par Moussa Koussa, ancien chef des services secrets libyens, que le montant de 50 millions d’euros débloqués en 2007 par le régime Kadhafi pour l’actuel chef de l’État français.
Depuis la révélation, samedi 28 avril, de ce document explosif, l’Élysée a fait feu de tout bois contre Mediapart. Dénonçant une« infamie » et un « montage », le président de la République a déposé plainte pour « faux et usage de faux », « recel de ces délits » et « publication de fausses nouvelles » lundi et obtenu, dans l’heure qui a suivi, l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris. De son côté, Mediapart a déposé à son encontre, mercredi, plainte pour « dénonciation calomnieuse »(c'est à lire ici).
Dès dimanche, l’Elysée s’est efforcé d’éteindre l’incendie auprès des acteurs de l’ancien régime sur lesquels il a gardé prise. Bachir Saleh, le destinataire de la note, (voir plus haut -note C le R)présent à Paris bien que recherché par Interpol, et Moussa Koussa (voir plus bas-note C le R), son signataire, réfugié au Qatar, ont démenti sous couvert de leurs avocats l’existence d’un tel document, évoquant, pour le premier, des « réserves » sur son authenticité et, pour le second, des « histoires falsifiées ».
Quant au chef du Conseil national de transition (CNT), Mustapha Abdeljalil, qui doit son poste à la France, il a assuré n’avoir« retrouvé aucune référence à cette lettre dans les archives libyennes ». Mais le directeur administratif du CNT a immédiatement mis en doute ces affirmations (notre article à lire ici).
Le témoignage qu’apporte aujourd’hui l’ancien premier ministre libyen, Baghdadi Ali al-Mahmoudi, à Mediapart, à travers son avocat, pulvérise les contre-feux présidentiels français. « Nous avons participé à la réussite de M. Sarkozy et au financement de sa campagne présidentielle de 2007 », a fait savoir l’ancien chef de gouvernement par la voix de Me Béchir Essid, qui a rencontré son client en prison pendant plusieurs heures mercredi 2 mai.
Pas de bon plat sans épices et ceux qu'apporte José Fort sont de ceux qui mettrait le feu à un sorbet de poire de curé :
Moussa Koussa dit Courgette, ancien chef des services secrets de Kadhafi, mange à tous les râteliers. A son actif, des assassinats, des coups tordus, des disparitions d’opposants. Devenu ministre des Affaires étrangères, il a réussi le retour de Kadhafi sur la scène internationale, favorisé de juteux contrats pétroliers, assuré le voyage de son patron à Paris. Ces dernières années, Moussa s’était converti en un interlocuteur privilégié des services spéciaux français et britanniques.
Quelques jours avant la chute de Kadhafi, Moussa Koussa était exfiltré. Après avoir franchi la frontière terrestre avec la Tunisie, un jet privé le transportait directement à Londres où l’attendait plusieurs séances de débriefing. Moussa est le prototype du sale mec : tueur un temps, donneur un autre, toujours du côté du manche. Pour le remercier de sa collaboration et le tenir sous contrôle permanent, Moussa Koussa a été transféré chez un fidèle allié de Londres et de Paris : le Qatar, qui ne fait pas seulement dans le football.
Dans la série sale type, en voici un autre, un gros calibre lui aussi : Salah Béchir. Ancien directeur de cabinet de Kadhafi ou plutôt « intendant » du dictateur, ce sinistre personnage qui tenait une partie de la bourse, a été exfiltré par deux de ses « amis » français Claude Guéant et Bernard Squarcini, le patron des renseignements français. Alors qu’il est recherché par Interpol, plusieurs témoins l’ont vu dans des palaces et des restaurants parisiens menant grand train de vie.
Moussa et Saleh ont démenti l’information selon laquelle Kadhafi aurait financé pour 50 millions d’euros la campagne électorale de Sarkozy en 2007. Paroles d’experts. Ils étaient bien placés, en effet, pour connaître le contenu de certaines valises. On comprendra que ces deux individus ne souhaitent pas finir comme leur copain Choukri Ghanem, ancien ministre libyen du pétrole, retrouvé dimanche dernier noyé dans le Danube. Simple glissade ?
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)
