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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Que faire ...en 2011 ? Institutions et luttes

Publié le 24 Mai 2011 par canaille le rouge in Pour réfléchir ensemble

 

G. Gasteau à mis en ligne un texte très interéssant. La Canaille vous met le lien pour le consulter chez El Diablo, sa maquette permettant un confort de lecture appréciable.

Un texte qui permet de débattre sur une question décisive : quels objectifs politiques, quel outil pour y y travailler?

Ci après une contribution pour participer à  ce débat 

http://r-eveillez-vous.fr/wp-content/uploads/2011/05/alternative-energy-carbon-offsets2.jpg

Voila pas mal de temps que je lis avec beaucoup d'intérêt les différents textes de Georges Gasteau. [ lire son texte en cliquant là =>link].

Toujours intéressant, exigeant, il pousse le débat d'idée dans un sens où peu osent s'aventurer. Il porte le débat d'idée sur le terrain indispensable de la polémique au sens où Lénine en faisait une arme offensive dans l'affrontement idéologique.

Son dernier texte "la France au miroir brisée de DSK" ne cède en rien à cette exigence polémiste pour pousser dans leur retranchement tous ces tenants de, tous ces composants avec, l'idéologie dominante et donc le Capital.

Pourquoi dès lors si l'analyse est globalement partagée ce sentiment d'insatisfaction qui fait qu'il m'est impossible de le suivre totalement malgré cette vigueur du constat dans son ensemble approuvé ?

Pour en avoir discuté avec nombre de camarades, je ne suis pas seul dans ce cas. Il ne s'agit pas de question de personnalité voire de caractère et pour ma part je crois que son dernier texte permet de bien poser la barre pour que le débat soit serein.

Toute la dénonciation porte sur l'inadéquation des réponses que portent par nature la social-démocratie et ceux qui lui filent le train. Face aux agressions que les liquidateurs de la réalité historique républicaine et ses potentialités ont décidé de pousser au bout du possible, l'urgence est d'aider à construire une issue. Cela dans un rapport de force porté par les forces antagoniques du moment, période longue où la classe ouvrière a subit une défaite historique majeure.

Une défaite due certes aux efforts du capital pour reconquérir ses positions perdues mais aussi dans le refus de poursuivre ce combat puis l'abandon par les forces politiques  échappant au contrôle du mouvement populaire qui ont choisi de céder aux chevaux de Troie de ce capital les rennes de ce qui ne pouvait plus être dès lors un outils pour l'émancipation.

Cette dénonciation porte dès lors sur la réponse et les formes d'organisation pour construire une alternative ainsi que les moyens politiques pour y parvenir. Identifier les points d'appuis, ceux à dégager et consolider et réfléchir à une architecture politique qui permette au mouvement populaire de construire son alternative.

Avec un premier constat partagé avec les analyses de G Gasteau : La dislocation du référentiel ouvrier. Elle permet sa parcellisation et les reculs sociaux qui étaient impossibles tant que l'effet de masse et la dynamique de classe tenaient à distance les tentatives du capital.

Cette "reconscientisation" de la classe ouvrière en tant que classe, sa place dans l'organisation de la société dans sa réalité du 21ème siècle est un des points d'ancrage à reconstruire, cela fait partie des points d'appuis à dégager et consolider.

Cette défaite idéologique et politique permet au capital une recomposition de l'outil de production qui en plus de frapper de plein fouet la classe ouvrière a emporté dans la régression l'immense majorité du salariat. La surface économique et sociale de celui-ci grandit à la mesure que le capital soumet des catégories sociale toujours plus étendus à ses impératifs de production et de captation de la plus-value. Encadré par des institutions faites pour le servir, et c'est là la question de l'élection présidentielle, le capital a réaménagé l'espace, l'a taillé sur mesure pour ses besoins. Il s'est servi du progrès des sciences et des techniques pour segmenter flexibiliser et organiser la mobilité singulièrement en se servant du transport comme levier lui permettant, de la mondialisation aux réaménagements locaux du territoire, de peaufiner ce remodelage. Avançant d'un même pas dans la liquidation des outils démocratique d'intervention et de représentation (Commune Départements pouvoir des assemblées élues, droit syndical, lois sociales) et l'explosion d'une déréglementation portée par les pavillons de complaisance, statut sociaux des marins et maintenant dans l'aéronautique, low cost, privatisation et dumping social dans les transports terrestres le tout accompagné d'une intensification des rythmes de travail compensant les atouts des systèmes de production intégré et permettant d'échapper aux concentrations de main d'œuvre lieu de construction de la conscience de classe.  

Ce constat ouvre sur deux débats dont le terme pour chacun d'eux est incontournable pour construire l'issue. Quelle organisation pour quel type de construction politique alternative ? Son rapport au mouvement populaire et quelles ruptures proposer et aider à réaliser pour que ces objectifs de transformation puissent se donner la place de leur épanouissement? 

Dans ce contexte inscrire la question de la transformation dans la pertinence de la logique de l'élection présidentielle parce qu'elle est la cadre institutionnel dominant muselle le mouvement social, le contient dans le territoire de sa défaite.  

La question de fond que l'on retrouve tant dans les propos de G.Gasteau que dans bien d'autres (et est  ici partagée) celle de la souveraineté populaire. Reste en débat ses modes d'expression.Tous ceux qui cherchent les conditions à réunir pour s'affranchir de la bipolarisation institutionnelle qui permet cette alternance bloquant toute alternative partage ce souci.

Mais pourquoi dès lors si ce n'est parce que c'est le terrain idéologique dominant en rester à un débat balisé par l'élection présidentielle ? Pourquoi construire la réflexion sur le comment y participer dans les "meilleures conditions possibles" pour faire entendre une autre voix alors que justement, c'est là que se reconstruit le piège et qu'il peut se refermer puisque le débat conduit à jouer les rabatteurs pour les forces complice de l'alternance ?

Or débattre de la crise et sa dimension institutionnelle à partir de l'épisode DSK et du choix calamiteux du PS avec cette candidature conduit à dire qu'un choix non calamiteux pour lui était possible et nous maintient dans la logique. La déclaration publique sur Fr2 de soutien de martine Aubry à la candidature de Lagarde pour succéder à DSK montre l'impasse d'une telle approche.

La question est donc à la fois d'expliquer le piège pourquoi il existe et comment l'éviter. Une question exigeante, c'est certains mais qui pose les conditions d'expression de la souveraineté, des lieux de celle-ci et surtout de son contrôle sur la nature du mandat : impératif ou pas, révocable ou pas ?

Est-ce en résonance avec l'état du mouvement populaire ?

Cette approche est-elle audible ? N'est-ce pas justement ce que recherchait le mouvement social de 2010 et dont l'absence d'alternative a contribué à le laisser dans l'impasse ? N'est-ce pas cette carence qui conduit par fatalité ou par choix idéologique des directions syndicales à s'adosser aux échéances électorales alimentant les illusions ?

Une pratique politique qui porte une délégation de pouvoir créant les conditions de cette mise hors sol de la politique qui donc pousse à la dépolitisation. De l'engagement citoyen, la politique est en à fait devenue un métier de spécialiste qui s'auto reproduit par népotisme et clientélisme. Une conception qui conduit à voir une technocrate totalement inconnue du monde syndical devenir présidente de la CES qui éclaire ainsi sa vision, un PCF qui n'a plus un seul travailleurs dans ses directions sauf à y intégrer l'amicale de ses vétérans.

Une organisation de la société formatée par le capital qui fait que la tête de la vie politique est concentrée autour d'une caste cooptée via une ENA vidée de ses principes fondateurs et les outils de gestion du capital que sont redevenues les grandes écoles.

Notons en matière de délégation de pouvoir que la dérive majeure pour le PCF est venue quand après le 22ème congrès des élus à l'initiative d'un groupe autour de Rigout et Ralite ont opposé la légitimité de l'électeur à celle du parti mandatant. Proposition faite pour s'affranchir d'une des dimensions de cet impératif et fuir la révocabilité par les militants. Deux critères issus des sections de 1789 et de la Commune qui forgeait l'identité communiste et faisait composante d'un parti révolutionnaire. Ils ont ainsi participé à cette mise hors sol de la politique qui dès lors n'a plus eu pour sa croissance ou sa survie que la qualité des branchements sur des réseaux et leurs réservoirs de substitution qui leur donne la nourriture que la fin de l'enracinement ne leur permet plus de trouver.

Je pense très modestement que ce sont plus ces questions qui sont à creuser pour y apporter des réponses plutôt que de porter des espoirs qui alimentent des illusions autour des pratiques institutionnelles qui sont les obstacles principaux à écarter.

GuyH mai 2011

http://img.over-blog.com/620x434/2/31/51/01/761/Vive-la-Commune-PCG.jpg

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