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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

Vive la Commune

Publié le 15 Mai 2009 par canaille le rouge in Pour réfléchir ensemble

Repris d'une TRIBUNE LIBRE de l'Huma 

Mur des Fédérés : un anniversaire qui a du sens

PAR JEAN-LOUIS ROBERT, HISTORIEN, PRÉSIDENT DES AMIS DE LA COMMUNE DE PARIS 1871

La crise économique et sociale frappe durement les travailleurs. Des luttes sociales d'envergure se sont développées. Mais la résistance du patronat et du pouvoir reste puissante. Dans ces conditions la montée au Mur des Fédérés, qui se déroulera cette année le samedi 16 mai  a toute sa place. En effet, le souvenir de la Commune de Paris, de ses idéaux, de son oeuvre immense contribue vivement à donner un sens à ce combat et ainsi à lui ouvrir des perspectives. Rappelons que la Commune de Paris ne se place pas dans ces catégories du social et du politique où l'on veut parfois nous enfermer. Certes la totale indépendance du mouvement syndical et social est un acquis positif, mais elle ne devrait pas déboucher sur une telle extériorité des deux champs.

Et l'expérience de la Commune nous montre que la vraie démocratie concerne le citoyen et le travailleur. La montée au Mur, c'est ainsi le signe de cette rencontre. Évoquons le cas de 1936. Le 24 mai 1936, lorsque 500 000 personnes montèrent au Mur, la partie n'était pas jouée. Si la gauche l'avait emporté aux élections du début de mai, le gouvernement du Front populaire n'était pas encore constitué et nul ne pouvait dire si les mesures fondamentales prévues seraient prises. La montée au Mur, c'est alors l'occasion d'affirmer la puissance du peuple et sa légitimité. Il y a là les enfants des patronages laïques, les JC à cravate rouge, des jeunes filles en costume de 1789, des ouvriers chrétiens qui chantent la Jeune Garde, des antifascistes italiens qui entonnent Bandiera rossa, mais aussi des milliers de travailleurs nord-africains sous les banderoles décorées de l'étoile algérienne qui réclament la fin de l'indigénat. Et la CGT et les sections des Partis du Front populaire et les comités d'intellectuels avec Aragon ou Le Corbusier... Lorsque Léon Blum arrive, la foule crie aussi : « Au boulot, Léon Blum ! » Cette formidable diversité du peuple, cette construction de l'espoir, c'est bien le lieu fort du Mur des Fédérés qui les favorisent. Et deux jours plus tard, le 26 mai, éclatait une formidable grève générale, qui serait décisive dans les conquêtes du Front populaire. L'histoire ne se répète jamais. Mais la Commune n'est pas morte, la montée au Mur reste un moment sacré de nos combats.

(1) Cette année les Amis de la Commune 1871 commémorent le 200e anniversaire de la naissance de Charles Delescluze, tué sur les barricades, qui s'était pleinement engagé dans l'action pour une réforme profonde de l'instruction donnant gratuitement aux enfants du peuple toute leur place dans l'accès au savoir. Rens. : 01 45 81 60 54 ou www.commune1871.org. (rendez-vous à 14 h 30, à l'entrée du cimetière du Père-Lachaise, rue des Rondeaux, Paris 20e, métro Gambetta),  


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