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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

5 mai 2013, que faire ?

Publié le 28 Avril 2013 par canaille le rouge in Pour réfléchir ensemble

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Manif du 05 mai, "que faire ?"

 

Pied de nez à ce vieux Wladimir 111 ans après l'original.


À chaque situation concrète trouver sa solution concrète qui permette d'être en résonance avec les attentes populaires.


C'est certainement ce qui a conduit Serge des Bois à mettre en ligne son article, c'est ce qui conduit Canaille le Rouge à l'accompagner.

 

Le texte de Serge, le point de vue de La Canaille ensuite.

 

 

"Pourquoi je défilerai le 5 mai :

 

Nous vivons une situation sans précédent. Une majorité absolue « de gauche » existe et pourtant la politique qui est appliquée ne fait que suivre et même aggraver celle menée par les gouvernements de droite qui l'ont précédée.

 

Le matraquage idéologique auquel est soumis l'ensemble des peuples européens n'est pas sans conséquence quant aux possibilités réelles de mobilisation. On le voit en Grèce, en Espagne, en Italie .... Où, malgré une situation de plus en plus catastrophique pour les classes laborieuses, la mobilisation pour s'opposer à ces politiques est loin d'être au niveau que la situation réclame.

 

En France, un sondage fait apparaître que, face à ce qu'une majorité de plus en plus grande de nos concitoyens considère comme un échec absolu de la politique suivie, c'est un gouvernement d'union nationale, c'est à dire droite (UMP-centristes) et gauche (PS-Verts) qu'ils appellent de leurs vœux ....

 

La mise en application d'une véritable politique au service de ceux qui subissent de plein fouet la soi-disant crise du système n'est même pas envisagée !

 

Soi-disant crise du système car, si 80 millions d'européens n'ont pas de travail, les 10 % les plus riches deviennent de plus en plus riches. La quantité de richesses produites, loin de diminuer, est en augmentation constante, et c'est son accaparement par une minorité qui plonge la majorité dans plus de misère et de drames.

 

Face à cela, de quelles forces disposons-nous ? Le morcellement de la famille communiste et l'affaiblissement du PCF rendent impossible, en l'état, l'impulsion des luttes sur des bases vraiment révolutionnaires.

 

Analysons-bien ce qui se passe dans les grandes entreprises telles PSA ou Gandrange où, malgré la fin annoncée, le pourcentage de travailleurs en lutte reste minoritaire. Il ne faut donc pas prendre ses désirs pour des réalités, nos marges de manœuvres sont extrêmement ténues. Si on ne conçoit une action que si elle répond en totalité à nos propres analyses, on n'est pas prêts de bouger !

 

Non, les propositions de Mélenchon ne sont pas les miennes. Non, le Front de Gauche tel qu'il est "géré" ne me convient pas, mais ce sont là des réalités dont je pense qu'il faut tenir compte et se servir. Si nous en sommes capables, partons de ces propositions pour les emmener plus loin et, si nos forces ne sont pas suffisantes, considérons-les comme une avancée dans la bonne direction.

 

Je rappellerai pour mémoire, à Emmanuel Dang Tran, qu'avoir refusé toute alliance au moment de la désignation à la présidentielle, a abouti à l'absence d'un candidat communiste. On ne refait pas l'histoire, mais un candidat commun à tous ceux qui voulaient un candidat étiqueté « communiste » aurait peut-être entraîné l'adhésion de camarades qui sont restés chez eux face à ces divisions. De même, ceux qui ont refusé d'appeler à voter pour les candidats du PCF aux législatives peuvent mesurer aujourd'hui les conséquences de ce choix : si l'assemblée nationale était dans la même configuration que le Sénat (pas de majorité absolue au seul PS), n'aurions-nous pas d'autres moyens de pression ?

 

Je rappellerai aussi que Lénine savait réaliser des compromis avec des forces non révolutionnaires pour permettre la pénétration de ses idées dans les masses.

 

Alors, NON la manifestation du 5 mai ne correspond pas en totalité à ce que je souhaite ! Mais je pense que l'on peut s'en servir, comme lors des élections, pour redonner courage et perspective à ceux qui ne croient plus en grand-chose aujourd'hui (si c'est une réussite, c'est à dire plus de 100 000 personnes sur la place de la Bastille).

 

Je peux me tromper, mais ce dont je suis sûr, c'est que ce n'est pas en restant dans sa chapelle, persuadé que l'on détient la vérité, que l'on fera bouger les choses.

 

Dernier point : considérer que cette manifestation met en péril le défilé du 1er mai me semble relever du délire. Les organisations syndicales ont leur propre rôle à jouer, leur division actuelle rend plus que problématique la réussite de ce défilé. L'absence d'un véritable soutien de la part des confédérations aux luttes dans les entreprises (impulsion d'actions communes interprofessionnelles, voire transeuropéennes), voilà ce qui réduit l'impact des propositions syndicales, et non l'action des partis politiques qui, au contraire, devrait ouvrir de nouvelles perspectives.

 

Serge des bois"

 

 

 

La Canaille appelle aussi à y aller . Pas par ralliement au FdG ou à ses animateurs. Non seulement la distance reste grande mais elle se creuse avec la réaffirmation après chaque mauvais coups de son maintien dans la majorité. 

 

Comme Serge des bois, pour La Canaille la manifestation ne correspond pas loin s'en faut à la totalité des choix qu'il ferait et pas question de le taire. Mais en reprenant les célèbres vers d'Aragon

"Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat 
Fou qui songe à ses querelles 
Au cœur du commun combat.

Le combat (est-il commun?) part de l'impossibilite d'extirper la colère sociale du piège où la procédure électorale présidentielle a enfoncé le mouvement populaire et du besoin d'en sortir. Cette manifestation ne construira pas d'alternative, les termes timidement avancés sont trop flous et s'articulent avec la maintien de cette délégation de pouvoir qui fait partie de l'obstacle. 

A partir du constat partagé avec Serge et d'un accord à ne pas pratiquer la politique de la chaise (ou de la rue) vide, deux ou trois observations pour d'une part appuyer le propos et d'autre part pointer les risques que des mots d'ordre "sonnant bien" ne tirent pas vers la mobilisation nécessaire.

Des observations qui ne sont ni ukases ni raisons de fuite mais bien contributions pour que dans le mouvement que cette journée se propose de construire des questions soient débattues qu'elles participent à la mise en œuvre de l'issue.

Il y a urgence de permettre à la colère populaire de s'exprimer dans l'espace progressiste loin du repliement et des impasses racistes sectaires ou communautaristes. Cette manifestation peut aider à porter cette colère et ces choix.

D'abord l'accord pour aller dire son fait aux raboteurs d'espoir. Déjà pour cela l'initiative est bonne. Mais le mot d'ordre "coup de balais" pour médiatiquement porteur qu'il soit fait-il le tour du problème ? A coup sûr il plaît. En matière de communication, c'est bien trouvé.

Mais quoi et qui balaie-t-on ?

Nous savons qui chasser(encore que). Et là, parce que cela ne figure pas clairement, il serait bien utile de préciser qu'il ne s'agit pas que du PS mais de lui, et aussi des forces politiques qui se réjouissent de ce qu'il met en œuvre, tout comme cette extrême droite à isoler tant elle est capable pour ses propres intérêts de s'instiller dans un mot d'ordre imprécis attrape-tout.

L'actualité montre combien le risque n'est pas encore totalement écarté ; raison de plus pour les anticapitalistes et antifascistes d'être le 5 mai sur le pavé.

Autre risque, majeur : ne pas s'en tenir qu'à la représentation politique de ceux visibles qui tirent les ficelles mais bien ceux qui nouent les fils après les avoir tressé et entendent bien avec réussir à lier le mouvement populaire : le patronat représentant de ce qui n'est jamais cité es qualité par les organisateurs du 5 mai : le capital.

Cela ne doit pas conduire à se réfugier dans sa tanière en attendant que la lucidité vienne à illuminer ceux qui le seraient moins. La compréhension partagée d'une telle évolution ne se fera pas sans débats et hypothèses de constructions. Quel mépris ce serait, du même niveau que les illusions, un coup contre soi même que de laisser les gens chercher sans participer à la recherche, une construction dont le 5 mai peut être une des bases mais qui ne pourrait l'être si cette question de la place du Capital n'était pas ce jour dans les discussions. D'où à la fois être présent pour gonfler le nombre mais pas son drapeau dans sa poche : y porter ce point de vue communiste qui fait défaut.

Le mode de fonctionnement des appelants et de celui qui leur sert de tracteur porte en soi des blocages à dépasser : calés sur la dimension institutionnelle, ils appellent, c'est le mot d'ordre qui tient le balai, à une sixième République. Pas un secret ici que Canaille le Rouge en partage l'idée. Reste la question de son contenu et de ses formes d'éllaboration, de l'articulation du social, de l'économique avec le politique.

Il y a besoin pour que celle-ci s'appuie bien sur les exigences populaires que sa construction ne repose pas sur une délégation à des édiles quelques soient leurs bonnes intentions mais sur un travail démocratiquement mené avec l'ensemble de la population de notre pays. Au premier desquels les salarié(e)s, celles et ceux qui voudraient travailler, celles et ceux qui ont passé leur vie à produire des richesses, celles et ceux qui se préparent à prendre la relève.

Nous sommes sur ce point dans un flou artistique qui ne conduit pas à la mobilisation pour que le 5 mai porte le projet.

C'est à ce moment de la construction de la réussite de cette manifestation les observations qui peuvent être formulées. Le seuil à franchir séduit mais l'appel ne dit rien de sa construction ni de la nature anticapitaliste qui sans être au cœur de la proposition ne serait qu'illusion voir cadeaux aux forces du capital en ce qu'elle ne mettrait pas cette question comme centre de gravité du mouvement à mettre en branle. Preuve supplémentaire comme on dit en mathématique que cette manifestation est une condition certes nécessaire mais pas suffisante.

Mais pour que le second terme se construise, il faut bien sûr assurer le premier.

Déjà, le premier mai peut-être un moment de cet éveil à partir des urgences revendicatives.

Donc un premier mai pour porter les revendications des salariés face au patronat et au gouvernement, face aux trahisons des Lucky Luke du stylo. Puis dans la foulée de nouveau le 05 pour engager le débat voir le travail sur les conditions politiques de la garantie institutionnelle des acquis revendicatifs à imposer.

Un débat où la propriété collective des moyens de production et d'échange est le passage obligé. Toute pratique qui refuserait d'affronter cet obstacle sera vouée à l'échec. Ce n'est pas dans l'instant ce que retient le FdG.

Pourtant, bien tenir tous ces rennes, n'est-ce pas la bonne façon de ne pas mener la lutte des classes à cloche pied ?

Reste à savoir si les organisateurs officiel du 5 mai y sont disposés ? mais de toutes façons ce sera aux participants d'en décider.

Bref pas de recherche de convergence avec les organisateurs mais se servir de l'opportunité pour aider à avancer dans le débats sur le niveau et le sens des transforlmmation à opérer.

 

  

 

 

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