C'est cette photo ci dessus qui doit à la fois interpeller et permettre de pousser le débat.
☭ Parmi les lecteurs de Canaille le Rouge, quasiment certain que le nombre de ceux qui s'opposent avec la plus grande vigueur aux menées intégristes de toutes provenances mais en l'occurrence ceux se réclamant de l'islamisme radical (pour La Canaille, fascisto-intégriste*), sont aussi des combattants déterminés de la lutte anticoloniale.
Le lexique daté idéologiquement d'une hiérarchie établie à partir des nationalités des otages de ce qui restera la tuerie d'In Amenas doit interpeler sur les faits mais aussi les façons de les porter à la connaissance du monde. La P@ges d'hier de Canaille le Rouge sur le titre du Monde tente d'y aider.
La suite des évènements sanglants mais aussi la manière dont la traitent les fabricants d'opinion exige d'y revenir.
Il ne s'agit pas ici de près ou de loin d'apporter le moindre soutien au gouvernement algérien qui par ailleurs a des comptes à rendre à l'opinion démocratique sur sa façon d'agir. La primauté là aussi revenant d'abord aux algériens eux-mêmes.
Par contre, la façon dont les états impérialistes intervenant sans complexe au nom de leur propre raison d'état sans se soucier des souverainetés de pays par ailleurs membre de l'ONU pourrait être d'un comique achevé si elles n'étaient pas si impudentes.
L'Héritier de la Margareth des malouines ou les USA des multi violations de souveraineté de la Corée à Guantanamo et des attentats multiformes dans des pays souverains demandant des comptes à l'Algérie est aussi inadmissible que la non contestation publique de cet impudence par ceux qui se posent en dépositaires de l'ex mouvement communiste.
Deuxième point à mettre en lumière (là aussi, bien seul à ce moment La Canaille tente à la imite de ses moyens d'y porter un peu d'éclairage) : à chacune des prises d'otage, jamais de châteaux ou palaces. Les responsables des évènements et leur proche y coulent des jours heureux se croisent aux bars ou autour des piscines, se partagent les même masseuses.
Mais là, on ne se tue pas ou se fait pas tuer entre soi. Dès avant Ben Laden et ses invitations aux garden-parties du Département d'État, l'affaire était rodée : toujours des sites industriels et les techniciens et ouvriers qui sont en premières lignes des viandes à règlements de comptes.
Le commanditaire de cette prise d'otage en Algérie, sans que cela soit démentis (et pour cause) sans parler des rencontres au vu et au su de tous avait des contacts réguliers via les barbouzes de la françafrique d'une part ou directement avec le grand capital américain (trafic de cigarettes), les mafias (drogues-La Canaille se retient d'écrire souvent les mêmes) ou/ et le monde des marchands d'armes. Les Pic up et autres 4x4 militarisés n'ont pas été achetés aux surplus américains de la guerre du Golfe mais sont bien du matériel japonais sorti récemment des chaines, et semble encore plus récent que les armes lourdes high-tech qui y sont installé sur des affuts non bricolés, pris avec l'aide de Sarkozy dans les arsenaux qu'il avait garni pour son pote Kadhafi.
Mais qui crève dans ces assauts ? La classe ouvrière, toujours.
C'est d'ailleurs à l'aune de ce constat qu'il faut mesurer deux choses :
D'abord le constat du pillage impérialiste.
Pas une vie économique et industrielle d'une population en symbiose avec le reste de la société mais une organisation de campagne, un "fort pétrole", un monastère du forage. Pas une ville ou un village mais le nom en soit déjà pose problèmes ; une "base de vie", (nous avons les mêmes pour les grands travaux ici en France qui cumulent précarité et violations du code du travail) sorte de camps de la précarité industrielle imposée pour les uns monnayée pour les autres) où le plus souvent les conditions sont pires que les bases polaires de l'antarctique en matière de citoyenneté, vie privée, loisir, liberté de circulation et environnement culturel. Pour les encadrants expatriés on achète leur concours par des primes et rémunérations gratifiantes contre une corvéabilité à peine moins rigoureuse que pour les autochtones). Ces bases qui servent à alimenter la cassette de madame Plantagenet qui passe douillettement l'hiver à Buckingham. Elle n'est pas la bénéficiaire exclusive et BP n'est pas l'exception dans la pratique.
Ensuite, l'actualite :
confirmant la considération, la hiérarchie des normes de Blumollet et son "qu'on les détruise", parlant de ces certes salopards mais pas moins que ceux qu'il raccompagne sur le perron de l'Elysée. Il les salue courtoisement. Lui et son gouvernement vont continuer à couper des rubans avec l'émir du Qatar, inaugurer des musées communs en zones esclavagistes ensoleillées ou régions ici sinistrées avec celui du Koweït ou le despote d'Arabie saoudite. Cette semaine, la fine fleur du capital et des gouvernants, pourquoi pas Cahuzac et Moscovici, sont avec l'ensemble de ces financiers de l'obscurantisme massacreur à manger des petits fours à Davos.
Qui osera parier qu'aucun officiel du pouvoir ou de la "gôche" ne sera présent en tribune d'Honneur du PSG si celui-ci accède à des matches à retentissement ? Il n'y a pas de degré à l'échelle de l'honneur. On en a ou pas. (Cela vaut aussi pour le capital de l'Huma, soit dit, avec colère et rancœur en passant).
Pour que les peuples arrêtent la logique de guerre et puisse repasser à l'offensive d'une reconquête pacifiste des relations internationales rien de plus urgents que de renouer avec une analyse de classe du mouvement du monde. C'est ce que fait le Conseil Mondial de la Paix. Ses mots pour encore peu audible par des esprits formatés depuis des années par ce faux humanisme qui nie les réalités de classe est-il pour autant faux ?
Que chacun fasse effort d'y regarder sans œillères et se fasse son opinion.
Le pire, et tout en partageant la colère de JP Page sur le contenu de la déclaration du P"c"F c'est de constater qu'elle est pire que lamentable (ce qui tendrait à la voir cantonner que dans l'erreur). Elle est cohérente.
Elle porte une méthode d'analyse qui fait le constat de la mort idéologique de ce que fut le P"c"F. Quand la sensiblerie affective qui met la cause et la conséquence dans le même camp que celui des victimes, cet humanisme hors sol des réalités de classe d'outil de l'analyse se retourne comme machine légitimer la résignation.
Comment de près (train pour Strasbourg) ou de loin soutenir la part syrienne (après avoir ciré les bottes d'Assad "défenseur intransigeant des palestiniens" pendant des années) des "islamistes radicaux" et combattre le mêmes au Mali ?
Chassaigne approuvant l'intervention militaire, Asensi restant au milieu du gué quant aux causes et donc l'impasse des solutions, l'absence d'initiative politique et d'appel à la mobilisation populaire pour la paix,dans les voeux de P Laurent alimentent l'union sacrée derrière les treillis et la légion étrangère.
Comment dans ces conditions s'étonner de l'effondrement des points de repères ?
deux pièces jointes :
L'appel du Conseil Mondial de la Paix et l'avis de J-P Page sur la déclaration du PCF
La déclaration de J-P Page (par ailleurs au contenu artagé par La canaille) :
Au sujet de la déclaration « lamentable » du PCF
1. A aucun moment la déclaration ne condamne
l'intervention française, elle exprime des inquiétudes!
2. On dénonce les islamistes au Mali, mais on ferme les
yeux sur les islamistes en Syrie qui eux seraient des combattants de la liberté!
3. Dans le cas du Mali on suggère une solution politique
dans le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Mali, pas dans le cas de la Syrie!
4. On partage l'inquiétude des Maliens au sujet des
intégristes, mais pas au sujet de l'intervention française.
5. On se garde bien de préciser que Denis Alex était un
agent secret Français de la DGSE, et on verse des larmes de crocodile sur les familles des otages français.
6. On ne dit pas un mot sur les aspects géo stratégiques
et en particulier sur les problèmes des réserves de gaz et d'hydrocarbures qui viennent d'être découverts dans cette région.
7. La guerre au Mali prolonge la guerre en Libye, elle
obéit aux mêmes objectifs et elle peut s'étendre dans d'autres pays de la région.
8. Sans parler de la menace vis à vis de l'Algérie, qui
par ailleurs se voit coupé l'herbe sous les pieds dans ses initiatives diplomatiques en faveur d'une solution politique par la négociation. Tout cela bien sur après la visite de Hollande à
Alger!
9. Pas un mot sur la violation de la souveraineté de la
Somalie dans l'opération sauvetage de l'espion français.
10.
Pas un mot sur les victimes civiles maliennes et Somaliennes.
11.
Il n'y a rien dans la Charte des nations Unies qui prévoit ce type d'intervention d'autant qu'aucun autre pays
voisins n'agresse le Mali!
12. Il n'y a aucune propositions de réactions, de protestations, d'initiatives nationales ou internationales en relations avec des partis progressistes Africains!
Jean-Pierre Page
/image%2F0691883%2F20221120%2Fob_a8eb97_pour-logo-blog.jpg)