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Canaille le Rouge, son c@rnet, ses p@ges.

Espace d'échanges, de rêves, de colères et de luttes. Alternative et horizon communiste. point de vue de classe.   Quand tout s'effondre, ce n'est pas aux causes des ruines de gérer le pays mais à ceux qui sont restés debout.

A près les agapes, parlons pot au feu.

Publié le 6 Janvier 2013 par canaille le rouge in Pour réfléchir ensemble

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8a/Les_appr%C3%AAts_du_pot-au-feu_(Bounieu).jpg

 Les apprêts du pot-au-feu, par Michel Honoré Bounieu(1740-1840)-Musée du Louvre

 

Comme nous sommes en janvier, pourquoi ne pas parler cuisine à partir d'une recette de saison ?

 

Vous allez vous dire ça y est La Canaille a été rattrapé par la grippe et nous la fait méningée ou encore il baisse les bras et se tourne vers "la veillée des chaumières ".

 

Ce n'est pas tout à fait cela, vous allez voir, entrons en cuisine.


Ce qui fait la qualité d'un pot au feu, ce sont les produits (viandes et légumes) les épices, la marmite et la qualité de l'eau.


Mais aussi sans aller à parler de tour de main, un ordre dans la façon de procéder.


Ensuite, vous aller voir que cela ressemble pour beaucoup au menu diététique d'après fêtes qui nous est présenté sur nos petits écrans :

Trois viandes plus ou moins grasses avec une un peu plus moelleuse genre jarret ayant la cote de quoi donner du corps au bouillon.


Si vous remplacez d'entrée le plat de cote mis à l'eau froide pour corser le bouillon par du RSA, que mettez donc quelques épices venant directement des îles de l'Océan indien pour rendre plus gouteux, une part des légumes qui doivent donner de leur personne pour mener le plat à son terme. Au hasard un patron de l'industrie du luxe, un ou deux footballeurs, comme carde (on peut en mettre mais ce n'est pas indispensable, faut aimer)  un rocker OGM du canton de Berne,  qui n'iront pas au bout du plat tant ils sont certes corsés mais pour certains imprésentables.


Portez à la première ébullition. Et là, tout le secret réside dans cette manipulation, il se forme de l'écume. Vite braquer les caméras pour montrer l'écume et comment avec précaution l'évacuer. C'est la partie où remonte en surface mêlés dans cette écume, les quelques sportifs professionnels, de vieux chanteurs ou acteurs en clayettes du côté de Lausanne. Ils auront corsé le bouillon.


Maintenant vous mettez les viandes plus nobles à l'eau bouillante (pourquoi bouillante parce que saisies ainsi elles conservent tous les sucs à l'intérieur) alors là c'est le tour du SBF 120, du Cac 40 mettez les légumes. D'abord les navets qui rapportent coté cinéma, les carottes fiscales semées l'an dernier et conservées, les pauvres, sur le sable, c'est pour cela qu'elles participent avec énergie à la cuisson du bouillon.


Vous pouvez y ajouter en plus d'une branche de céleris qui ainsi évite la rémoulade fiscale, un peu thym desséché des coteaux de St Trop. En en guise de laurier, des morceaux de diverses palmes d'or d'artistes plus récents.


A la nouvelle ébullition, c'est le secret pour que le plat ne surisse pas, baisser le feu.  Ils vont pouvoir rester au chaud et se concentrer. En plus cela préserve l'ensemble. Dès cette nouvelle ébullition médiatique, de nouveau on écume.

 

http://www.kuisto.fr/recettes/photos/pntu0XvGmY8Z8E9.jpg


De nouveau les caméras pour voir comment flotte en surface la rage des artistes et créateurs spoliés. Aller chercher un critique spécialiste en gastronomie patronale qui va expliquer durant l'opération combien l'écume qu'on vous montre est l'image forte du plat.


Mais surtout ne pas montrer le fond du plat, là où se conserve le meilleur, où se concentrent les sucs qui parfument de dehors de la maison mais sont réservés à ceux qui s'en sont répartis les clés.


Une demie heure avant de servir, plongez l'os à moelle des dividendes dans le bouillon, prévoyez de donner l'os de l'intéressement à ronger à ceux qui dehors respirent le fumet après vous être réservé la moelle.


http://mamanfourchetteetpapacouteau.files.wordpress.com/2012/11/dscf4500.jpg


Le secret est là il faut que le bouillon se corse, que les légumes se confisent de la manne nutritionnelle des viandes et que celles-ci, mécènes des navets, carottes et autres poireaux de réceptions mondaines, cardes et panais institutionnels trouvent la part excitante de l'échange en se protégeant grâce à l'écume des regards extérieurs.


L'extérieur qui pourra dire "sentez comme c'est bon nous vivons dans un pays libre mais au nom de la liberté le pôt est réservé et seul ceux qui manient l'écumoire, possèdent les viandes et s'attachent les légumes. Seuls avec ceux qui ont la clé de la réserve à épices, auront-ils le droit de tremper leur cuillère dans le bouillon.


http://www.henriiv.culture.fr/medias/communs/images/grand_format/0/105_4.jpg


Finalement le capitalisme c'est cela. Le droit au pot au feu pour tous. Au plus grand nombre son odeur et l'os à ronger, aux nantis l'accès à la saveur.

Ils n'ont que repris l'idée la poule au pot d'Henri IV mais ils ont su s'attacher troubadours et ménestrels pour masquer le chant du fait-tout, fols et bouffons pour fabriquer l'écume pour ne pas qu'on les voit vider la marmite.

 

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R
<br /> Quand même,quelle maîtrise en cuisine ! Chapo,Canaille !  Roquet<br />