Comme à chaque fois que survient ce type de drame, passé le temps de sidération devant les images amplifiées par la puissance technologique pour leur donner leur réalité brutale, avant de passer à autre choses en plus graves ou en diversion, se pose la question "qui a fait cela?".
L'attentat de Boston n'échappe pas à cette interrogation.
Pour la première fois pour l'administration américaine, et c'est curieux, pas de cible immédiatement désignée, pas de "tiers opérateur" du terrorisme à pourchasser ailleurs.
Certes il y a le syndrome du 11 septembre mais aussi l'expérience de son engrenage et le peuple américain ne semble pas (plus ?) prêt à s'engouffrer dans la première aventure expiatoire. Mais il y a aussi pour la première fois cette hypothèse (dont rien ne dit à cette heure qu'elle soit la bonne) que les auteurs pourraient aussi être de ces américains des USA qui pourraient provenir des strates les plus réactionnaires de l'union, une sorte de résurgence du KKK. La suite dira.
Ce qui est nouveau c'est la prise de conscience en miroir que le terrorisme ce n'est pas que les autres et que la crise (dont les tueries scolaires par armes à feu est un des révélateurs) a ses propres racines au cœur même du sanctuaire d'un continent qui pour des raisons géographiques, militaires et surtout des croyances idéologiques se pensait protégé.
On ne sait pas qui sont les poseurs de bombe mais pour la première fois les étasuniens ont la gueule de bois non pas pour avoir avalé un alcool frelaté importé en contrebande mais parce que celui ci peut avoir été produit au sein de ses propres valeurs et que l'hypothèse est émise que ce soit les plus réactionnaires de ses prêtres gardiens du temple d'une suprématie raciste et réactionnaire qui ait fait fonctionner l'alambic.
C'est une des raisons peu mise en évidence ici par la presse mais plus largement avancée outra atlantique qui fait de ce 15 avril une date qui dans la conscience américaine va certainement prendre place particulière au côté du traumatisme du 11 septembre.
Il n'y a pas de valeurs d'exportation mais cela signifie aussi que dans la conscience collective du peuple américain progresse une idée déjà vieille en Europe que des pratiques comme la gare de Bologne, l'incendie du Reichstadt, figurent toujours dans l'arsenal des pratiques ultra réactionnaires.
Berlin 1933 incendie du Reichstadt
Conséquence de la crise et de sa gestion au service du capital les politiques du Tea Party là bas à la droite libérale ici le poids sur les peuples, la peur de l'avenir fabriquent des identitaires ici et des ultras là bas, financés par des gens ayant par ailleurs pignon sur rue et baies vitrées pour suivre du haut de leur building la Bourse en temps réel. Les pays de l'ex bloc de l'est ou les meurtris du passé colonial n'ont pas le monopole du hooliganisme politique.
Il y a des responsabilités politiques.
Que cet attentat se produise quelques heures avant que la Grande Bretagne ôte de la surface de son sol la vieille sorcière qui a participé à plonger le monde dans cette situation chaotique indique que ce n'est pas le fruit d'une fatalité mais les suites d'engrenages capable d'emballement, de choix faits par certains pour défendre les intérêts privés des leurs contre l'intérêt général, celui de tous, Paix incluse.
La suite des évènements dira si pour cette tragédie cela est la bonne piste. Mais la crise partout porte ses miasmes pestilentiels et infectieux. La période mérite qu'on se mette aussi cela en tête.
PS ; si l'origine était "extérieure", et pourquoi pas "Djiadistes" comme les raccourcis en entretiennent le vocabulaire, serait-ce moins ultra réactionnaire ? Quand on connait les liens entre l'ultra réaction qui finance de la Syrie au Pakistan et l'ultra réaction américaine (épisode Ben Laden par exemple) y aurait-il là aussi de quoi s'étonner ?
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