Confirmation de ce que La Canaille vous annonçait comme une probabilité à étayer :
Le prochain film catastrophe pourra s'intituler "les irradiés du dividende" ou " le système du profit rayonnant".
Ce dimanche, les informations se font de plus en plus soucieuses voire alarmistes tant sur le niveau de radioactivité sur site que sur le besoin, mal coordonné, d'évacuer les populations.
Déjà dès hier soir les articles du Monde donnait le ton. Les informations circulant sur le net, même prises en bases d'info plutôt qu'en pic de sensationnel ne tiraient pas vers le mieux :
Hausse de la radioactivité et évacuation à Fukushima
LEMONDE.FR avec Reuters, AFP | 27.03.11 | 07h47 • Mis à jour le 27.03.11 | 13h06
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Photo diffusée samedi 26 mars par Tepco montrant des techniciens dans le réacteur n°2 de la centrale de Fukushima.AP
La découverte d'eau extrêmement radioactive dans le réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Fukushima-1 a provoqué une nouvelle évacuation des techniciens s'employant à relancer le processus de refroidissement de la centrale, dimanche 27 mars. Tepco, l'exploitant de la centrale, a confirmé que le taux de radioactivité dans l'eau qui s'est accumulée dans la salle des turbines de ce réacteur est de 1 000 millisieverts par heure, soit "10 millions de fois plus élevé que le niveau de radioactivité de l'eau qui se trouve généralement dans un réacteur en bon état".
Olivier Isnard, expert de l'Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), estime que Tepco a annoncé cette information "de manière maladroite"."Parler de millions de fois supérieur à la normale, c'est plus vendeur que de donner des chiffres bruts, a-t-il dit à l'AFP. Ce niveau de radioactivité est juste une preuve directe que le coeur du réacteur a fondu".
En effet, un porte-parole de Tepco a confirmé qu'il "existe une forte probabilité pour que les barres de combustible aient été endommagées", autrement dit que le coeur du réacteur ait subi des dommages importants. Jeudi, trois ouvriers, chaussés seulement de bottines en caoutchouc, ont été irradiés en marchant dans une flaque d'eau très fortement radioactive lors d'une intervention dans la salle de la turbine du réacteur n° 3. Deux ont dû être hospitalisés avec des brûlures aux pieds. "A ce niveau de 1 000 millisievert par heure, un travailleur qui y passe une heure s'expose à des effets certains sur la santé", a expliqué Olivier Isnard.
"JE NE PEUX PAS ÊTRE PLUS OPTIMISTE QUE LA RÉALITÉ"
Tepco a annoncé que des experts doivent désormais déterminer où évacuer l'eau contaminée pompée dans trois réacteurs. "Nous allons installer une pompe et évacuer l'eau vers un condensateur", a précisé le responsable, ajoutant qu'il comptait commencer les opérations "dans la journée" de dimanche. Enfin, l'exploitant de la centrale a décidé de ne plus utiliser de l'eau de mer pour refroidir une partie des réacteurs, craignant que des dépôts de sel entravent le processus de refroidissement. Après avoir arrosé les réacteurs d'eau salée pendant deux semaines, Tepco a décidé d'utiliser désormais de l'eau douce.
Conscient du risque toujours important d'un désastre nucléaire, le porte-parole du gouvernement japonais n'était guère optimiste, dimanche. "Nous aimerions pouvoir donner un programme clair sur quand cela va être résolu, et ceux qui travaillent sur le site pensent la même chose, a déclaré Yukio Edano. Mais je ne peux pas être plus optimiste que la réalité".
RADIOACTIVITÉ EN HAUSSE AU LARGE DE FUKUSHIMA
Deux des six réacteurs sont maintenant considérés comme stabilisés à Fukushima-1, mais les quatre autres, qui émettent par intermittence de la vapeur ou de la fumée, suscitent des inquiétudes. Outre le réacteur n° 2, le réacteur n° 3 est surveillé de très près. Les autorités japonaises ont cru que le fort taux de radioactivité dans ce réacteur, qui concentre le plus d'inquiétude en raison de son état précaire, signifiait que la cuve était peut-être endommagée. L'Agence de sûreté nucléaire japonaise a ensuite estimé que cela pouvait provenir d'opérations de dégagement de vapeur menées pour faire retomber la pression, ou d'une fuite d'eau dans les tuyaux ou les valves.
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Un manifestant anti-nucléaire à Tokyo, dimanche 27 mars. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans la capitale et à Nagoya pour exiger l'abandon des centrales nucléaires.AP/Itsuo Inouye
Le taux de radioactivité dans le littoral au large de la centrale de Fukushima a encore augmenté, selon des mesures de l'Agence japonaise de sûreté nucléaire. A 300 mètres du rivage, le degré d'iode 131 était dimanche 1 850 fois supérieur au niveau habituel, alors qu'il était 1 250 supérieur samedi. Hidehiko Nishiyama, responsable de l'agence, a répété que les particules de radioactivité seront dispersées et diluées et ne constituent de ce fait pas un danger pour la vie marine ou la consommation de poissons. Reste la crainte de diffusion du césium 137, une substance radioactive dont la concentration ne se réduit de moitié que tous les 30 ans. Tepco dit avoir mesuré une concentration presque 80 fois supérieure à la limite légale de cette substance. La zone d'exclusion de 20 kilomètres autour de la centrale a déjà provoqué l'évacuation de près de 177 000 habitants.
A Tokyo, dimanche matin, la dose de radioactivité ambiante était de 0,22 microsievert par heure, soit six fois la normale pour la ville. Cela reste néanmoins dans la fourchette de la moyenne mondiale de radioactivité naturelle, comprise entre 0,17 et 0,39 microsievert/heure. Selon les derniers bilans fournis par les autorités japonaises, le séisme et le tsunami qui ont frappé l'île le 11 mars ont fait 10 489 morts et 16 621 disparus. Plus de 240 000 personnes étaient toujours logées dans des campements provisoires.
Fukushima, silences coupables
| 26.03.11 | 13h40 • Mis à jour le 26.03.11 | 13h59
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Des représentants de Tepco, ne savent comment faire face.
Sous-informés par les autorités, de plus en plus conscients du risque d'une catastrophe dont ils sont, pour la plupart, dans l'incapacité d'évaluer la gravité, les Japonais sont désormais d'autant plus inquiets que fait aujourd'hui surface, à la lecture de la presse et grâce aux témoignages d'experts nucléaires diffusés sur des chaînes privées de télévision ou sur des blogs, l'arrière-plan nauséabond de ce drame : la puissance de ce que, par pudeur, on nomme le "lobby nucléaire".
Un milieu riche et puissant dont le cœur bat au ministère de l'économie, du commerce et de l'industrie (METI), qui a la haute main sur la politique nucléaire, et dont les ramifications comprennent la Fédération des compagnies d'électricité (FEPC), l'Agence de sûreté industrielle et nucléaire (NISA), les groupes industriels qui construisent les centrales - Toshiba et Hitachi en tête - et les opérateurs.
Ce lobby, qui voit d'anciens hauts fonctionnaires des ministères et agences liés au nucléaire "pantoufler" dans des compagnies d'électricité, est passé maître dans l'art de verrouiller l'information. Il finance d'importantes campagnes publicitaires dans la presse et à la télévision pour assurer que le nucléaire est parfaitement sûr.
L'arrivée au pouvoir, en 2009, d'une nouvelle majorité n'a pas modifié la donne, car le Parti démocrate du Japon (PDJ) s'appuie sur la puissante confédération syndicale Rengo, dont l'une des principales composantes est la branche regroupant les travailleurs du secteur de l'énergie, très attachée au nucléaire.
Cette collusion à grande échelle entre la haute administration, les agences de surveillance, les constructeurs de centrales et les opérateurs fait non seulement taire les oppositions mais aussi évacuer toute question sur le nucléaire. Ce n'est pourtant pas faute de preuves - étayées par des documents - de négligences, de mensonges par omission ou de pures falsifications. Ces agissements s'étaient traduits, en 2002, par la mise en cause des dix compagnies d'électricité du pays pour dissimulation d'incidents dès les années 1970, début du nucléaire dans l'Archipel. La compagnie d'électricité de Tokyo (Tepco), propriétaire et opérateur des centrales de Fukushima, était la première visée.
S'ajoutent cette fois des témoignages - appelés à être vérifiés et remis en perspective - d'anciens de Tepco. Mais, pour l'instant, "brutes de décoffrage", ces révélations font froid dans le dos. Si elles reflètent la réalité, il apparaît que les opérateurs - Tepco, certes, mais aussi ses homologues - ont fait passer la rentabilité à court terme avant l'impératif de sécurité à long terme, ou, dans le meilleur des cas, n'ont pas suffisamment pris en compte le risque dans un pays à forte activité sismique et à tsunamis.
Les centrales de Fukushima étaient conçues pour résister à une vague de 5,5 mètres en prenant comme référence celle qui avait frappé le Chili en 1956... Les réacteurs ont résisté au séisme et se sont arrêtés automatiquement, mais le système de refroidissement, insuffisamment protégé, a cessé de fonctionner. Deux ingénieurs de Toshiba qui ont participé à la conception de la centrale de Fukushima, cités par le quotidien Tokyo Shimbun, estiment qu'un "risque trop bas" a été retenu comme base de calcul.
Du bout des lèvres, le ministre de l'économie a reconnu que "lorsque la situation de crise aura été maîtrisée, nous devrons examiner la gestion de Tepco". Certes, mais entre-temps, combien de victimes seront-elles dénombrées ?
Un ancien ingénieur de Toshiba, qui témoigne anonymement, est plus direct : "Ce n'est pas à une catastrophe naturelle que le Japon est confronté, mais à une catastrophe provoquée par l'homme." Un long article du Wall Street Journal reprend les données exposées par Hidekatsu Yoshi, député communiste et ancien ingénieur nucléaire, qui a démontré, dans un livre paru en 2010 s'appuyant sur des documents de la NISA, que la centrale de Fukushima est celle qui, dans tout le Japon, a connu le plus grand nombre d'incidents, dont une quinzaine d'accidents entre 2005 et 2009, et que ses employés ont été les plus exposés aux radiations au cours de la décennie écoulée. Est également pointé le recours, pour la maintenance des centrales, à des sous-traitants souvent inexpérimentés, qui paient aujourd'hui un lourd tribut à la lutte contre la catastrophe.
La réaction tardive de Tepco est également mise en cause. "Tepco a pris en compte le danger avec lenteur", a déclaré un haut fonctionnaire à l'agence de presse Kyodo. Dans les deux premiers jours qui ont suivi le séisme et le tsunami, le souci de préserver les équipements semble l'avoir emporté sur la prise en compte du risque pour les populations.
Les 8 employés d'Areva, entreprise française leader mondial du nucléaire, qui étaient présents sur le site au moment du séisme, ont rapidement pris la mesure du danger puisqu'ils ont été parmi les premiers à partir. Areva n'avait pourtant jamais émis la moindre crainte sur des risques présentés par les centrales de son client Tepco.
Besoin de solidarité avec un peuple qui se remettant difficilement de l'atome de guerre se retrouve dans les rayonnements d'un atome dit civil devenu meurtrier d'abord pour des raisons mercantiles et aussi, à examiner de très près, sur la capacité ou l'impossibilité à le maitriser.
Solidaires, nous le sommes et pour exprimer cette solidarité, il va falloir en France demander des comptes : Circulant dans les milieux professionels, peu ecore médiatisé, la prochaine révélation et à confirmer par la presse "autorisée " : AREVA a livré a Tepco, pour Fukushima, en toute connaissance de cause du combustible nucléaire inadapté au parc de Tepco (du MOX un mélange de plutonium et d'uranium appauvri). Selon des techniciens du nucléaire "c'est comme si on remplissait le réservoir d'une 2CV avec de l'éther" A coup sur, c'est immaitrisable dès que le circuit d'allumage échappe au contrôle.
AREVA va rapidement devoir s'expliquer. Pourquoi avoir convaincu les managers de Tepco de charger le réacteur N°3 de Fukushima 1 vieux de 35 ans de barre de MOX dans un réacteur BWR Type Mark 1, combustible non approprié et d'une dangerosité absolue en cas de défaillance majeure ?
Les mêmes techniciens avançant le chiffre de 490 tonnes de combustible irradié usagé en attente de traitement dans les piscines dont on sait maintenant dans quel état elles sont.
L'état major AREVA et le ministère de l'industrie n'étaient pas sans ignorer le danger potentiel que présentait la mise en œuvre d'un tel combustible. Les délicatesses de Tepco avec les préconisations des autorités de sécurité nucléaire japonaises et mondiales étaient de notoriété publique dans le milieu très fermé des marchands d'uranium et autre combustible.
Qui plus est AREVA confirme en cette fin Mars (du moins se refuse de démentir) l'envoie d'un prochain chargement à cette société pourtant prise à plusieurs reprises en flagrant délit de falsification de rapports d'incidents, d'accidents et de minorations volontaires d'études sismiques. On en voit aujourd'hui les mortelles conséquences.
Il n'est pas question ici d'opposer les dysfonctionnements qui ont conduit à Tchernobyl à la situation de Fukushima, ni d'entrer dans le débat compararatif sur "la vertu planifiée" contre "le vice ultralibéral" (un débat qui aussi devra avoir lieux). La réactivité politique à Tchernobyl pour écarter les populations, gérer une situation de crise majeure, n'a pas servi d'expérience. Au point qu'au Japon prime l'impression de subir et de ne pas voir de tentative de chercher à reprendre si ce n'est le contrôle du moins de maitriser l'environnement humain. Rappelons que l'URSS dans les conditions de son système politique d'alors a mobilisé (sacrifié ?) 600 000 réservistes et mineurs, 80 hélicos pour déverser des dizaines de milliers de tonnes de sable puis de béton pour contenir avec un succès relatif mais contenir les réacteurs en fusion.
Nous avons l'impression que Tepco se déleste sur un gouvernement qui n'a pas la réactivité indispensable pour organiser les secours pour son peuple. Outre l'avalanche radioactive, l'abandon des victimes du Tsunami hors des zones urbaines denses ne peut qu'interroger. La Reprise par le Monde de l'information comme quoi les mafias locales étaient les institutions de contrôle et normalisation dans les zones de catastrophe fait frémir.
Ce n'est pas anodin quand on aborde cette question du nucléaire, pendant se temps Aréva touche aussi sa deuxième part de gâteau via la vente à l'armée des missiles que le peuple libyens reçoit comme part d'uranium appauvri à consommer sur place.
Dans l'état de la réflexion le doute s'accentue sur la question du nucléaire. Mais que ce soit pour y rester, le
gérer, ou en sortir, en tout cas une chose est certaines il faut d'urgence que toutes cette industrie passent sous contrôle public total et impératif avec une mobilisation de tous les moyens pour
son usage exclusivement pacifique. Que son fonctionnement soit totalement transparent, élimine toute la sous-traitance et que le critère premier de son organisation soit la sécurité des
personnels et des populations. C'est là seule possibilité pour regarder sereinement ce qu'il faut en faire pour ne pas compromettre l'avenir de l'humanité.
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